Paul Tronka et le Japon
des jours ordinaires.
Ce qui revient :
Certaines expériences déplacent durablement notre regard sur le monde.
Pour moi, il y eut d’abord Kobe, en janvier 1995. Puis Fukushima, en mars 2011. J’étais au Japon lorsque ces événements se sont produits.
Pourtant, mes livres ne sont ni des témoignages ni des récits de catastrophe. Ce qui m’a marqué n’est pas seulement ce qui s’est effondré, mais ce qui a continué à vivre après.
Pour moi, il y eut d’abord Kobe, en janvier 1995. Puis Fukushima, en mars 2011. J’étais au Japon lorsque ces événements se sont produits.
Pourtant, mes livres ne sont ni des témoignages ni des récits de catastrophe. Ce qui m’a marqué n’est pas seulement ce qui s’est effondré, mais ce qui a continué à vivre après.
Avec le temps, je me suis aperçu que mes souvenirs les plus persistants n’étaient pas ceux que l’on voit dans les journaux.
Je me souviens des enfants qui retournaient à l’école. Des commerces qui rouvraient leurs portes. Des trains qui repartaient. Des gestes quotidiens qui reprenaient leur place dans le paysage.
La vie ne se reconstruit pas dans les discours.
Elle se reconstruit dans les habitudes.
Longtemps après Kobe. Longtemps après Fukushima. Cette idée est restée. Elle est devenue le cœur de L’autre côté des jours.
Je me souviens des enfants qui retournaient à l’école. Des commerces qui rouvraient leurs portes. Des trains qui repartaient. Des gestes quotidiens qui reprenaient leur place dans le paysage.
La vie ne se reconstruit pas dans les discours.
Elle se reconstruit dans les habitudes.
Longtemps après Kobe. Longtemps après Fukushima. Cette idée est restée. Elle est devenue le cœur de L’autre côté des jours.
Ce qui demeure après :
Là-bas et Lou peuvent se lire séparément. Pourtant, ils sont nés d’une même interrogation : que devient un être humain lorsque le monde cesse soudain de ressembler à ce qu’il était ?
Dans Là-bas, Élise travaille au milieu d’un territoire blessé. Les camps, les réfugiés, les enfants, les absents. Puis apparaît un garçon silencieux qui semble venir d’ailleurs, ou peut-être d’avant. Sa présence déplace peu à peu le récit vers une question plus profonde : que reste-t-il lorsqu’on a tout perdu ?
Dans Là-bas, Élise travaille au milieu d’un territoire blessé. Les camps, les réfugiés, les enfants, les absents. Puis apparaît un garçon silencieux qui semble venir d’ailleurs, ou peut-être d’avant. Sa présence déplace peu à peu le récit vers une question plus profonde : que reste-t-il lorsqu’on a tout perdu ?
Dans Lou, tout commence par une route de décembre, une famille et une journée ordinaire. Puis survient l’accident. À partir de cet instant, le temps se brise et le deuil devient un territoire à traverser. Mais Lou n’est pas un livre sur la mort. C’est un récit sur ce qui demeure lorsque tout semble avoir disparu.
Les deux textes racontent finalement la même chose : notre manière de continuer à vivre lorsque quelque chose d’essentiel nous a quittés.
Les deux textes racontent finalement la même chose : notre manière de continuer à vivre lorsque quelque chose d’essentiel nous a quittés.
Les enfants qui continuent d’avancer :
Il existe au Japon des écoles fermées depuis longtemps. Les pupitres sont encore là. Les tableaux noirs aussi. Parfois même quelques dessins oubliés au fond d’une salle de classe. On pourrait croire que ces lieux racontent l’abandon. Je crois qu’ils racontent au contraire la persistance.
Les voix se sont tues, mais elles semblent encore présentes. Les enfants sont partis, mais quelque chose demeure dans les murs, dans les couloirs, dans la lumière qui traverse les fenêtres.
L’autre côté des jours est né quelque part entre ces écoles silencieuses, les souvenirs du Japon et cette conviction que certains êtres continuent longtemps à habiter les lieux qu’ils ont traversés.
Les voix se sont tues, mais elles semblent encore présentes. Les enfants sont partis, mais quelque chose demeure dans les murs, dans les couloirs, dans la lumière qui traverse les fenêtres.
L’autre côté des jours est né quelque part entre ces écoles silencieuses, les souvenirs du Japon et cette conviction que certains êtres continuent longtemps à habiter les lieux qu’ils ont traversés.
Ce que les enfants savent :
Les adultes cherchent souvent à comprendre. Les enfants cherchent à avancer. C’est peut-être pour cela qu’ils occupent une place si importante dans ces deux récits.
Lou. Le garçon de Là-bas. Chacun porte une forme de connaissance silencieuse. Ils savent que la vie ne revient jamais en arrière. Ils savent aussi qu’elle ne s’arrête pas. Ils continuent d’avancer, même lorsque les adultes restent immobiles devant ce qu’ils ont perdu.
Lou. Le garçon de Là-bas. Chacun porte une forme de connaissance silencieuse. Ils savent que la vie ne revient jamais en arrière. Ils savent aussi qu’elle ne s’arrête pas. Ils continuent d’avancer, même lorsque les adultes restent immobiles devant ce qu’ils ont perdu.
Ce dont je me souviens encore aujourd’hui du Japon n’est pas seulement un pays. C’est une cour d’école vide. Un train qui repart dans la campagne. Une lumière de fin d’après-midi sur un quai désert.
L’autre côté des jours :
On croit parfois que ces livres parlent de la catastrophe, du deuil ou de l’absence. Ce n’est pas tout à fait vrai. Ils parlent surtout de ce qui survit à la perte : un regard, une présence, une promesse, une photographie, un souvenir, un amour.
Au fond, L’autre côté des jours raconte moins ce qui s’effondre que ce qui demeure. Le moment où l’on comprend que vivre ne consiste pas à oublier, mais à porter autrement ce qui nous accompagne encore.
C’est peut-être cela, l’autre côté des jours : non pas un ailleurs, mais l’endroit où l’on apprend à continuer avec ce qui reste.
Au fond, L’autre côté des jours raconte moins ce qui s’effondre que ce qui demeure. Le moment où l’on comprend que vivre ne consiste pas à oublier, mais à porter autrement ce qui nous accompagne encore.
C’est peut-être cela, l’autre côté des jours : non pas un ailleurs, mais l’endroit où l’on apprend à continuer avec ce qui reste.
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